Comprendre le psy remboursé par la sécu quand tu es étudiant
Un psy remboursé par la sécu, c’est possible en France grâce au dispositif « Mon soutien psy » : tu peux bénéficier jusqu’à 12 séances par an à 50 € la séance, remboursées à 60 % par l’Assurance maladie et, en général, à 40 % par ta mutuelle, donc sans reste à charge si tu es bien couvert.
Si tu galères déjà avec ton budget loyer, courses et transports, ajouter 50 € de psy par semaine peut sembler impossible. J’ai longtemps repoussé le moment de consulter juste à cause de ça. Le jour où j’ai compris comment fonctionnait le remboursement, j’ai regretté de ne pas m’être renseignée plus tôt. On va faire en sorte que toi, tu gagnes ce temps-là.
Comment fonctionne un psy remboursé par la sécu aujourd’hui ?
Le principe est assez simple : pour que ta consultation chez un psy soit remboursée par la Sécurité sociale, il faut passer par le dispositif officiel « Mon soutien psy » et consulter un psychologue qui a signé une convention avec l’Assurance maladie.

Concrètement, si tu vas voir un psy « classique » en libéral à 60 ou 70 € la séance, tu ne seras pas remboursé par la sécu (sauf cas très spécifiques type hôpital ou centre médico-psychologique). Pour avoir un remboursement, tu dois :
- choisir un psychologue partenaire Mon soutien psy via l’annuaire officiel sur le site de l’Assurance maladie ;
- respecter les conditions d’éligibilité (souffrance psychique légère à modérée, à partir de 3 ans, etc.) ;
- te limiter à 12 séances remboursées par année civile.
La bonne nouvelle : depuis les dernières évolutions du dispositif, tu n’as plus besoin d’ordonnance pour y accéder et le tarif des séances a été revalorisé à 50 €.
Qui peut avoir un psy remboursé par la sécu avec Mon soutien psy ?
Le dispositif s’adresse à beaucoup plus de monde qu’on ne le pense. Si tu es étudiant, tu rentres probablement dedans.
Tu es éligible si :
- tu as au moins 3 ans (donc oui, ado, lycéen, étudiant, c’est ok) ;
- tu es affilié à la Sécurité sociale en France (régime étudiant, régime général, etc.) ;
- tu ressens une souffrance psychique légère à modérée : anxiété, stress, idées noires, déprime, troubles du sommeil, troubles du comportement alimentaire légers, consommation problématique de tabac ou d’alcool, etc.
Tu n’es pas éligible au dispositif si :
- tu as des troubles psychiques sévères (schizophrénie, troubles bipolaires, etc.) nécessitant un suivi psychiatrique spécialisé ;
- tu es déjà suivi par un psy ou un psychiatre dans un autre cadre (libéral hors dispositif, CMP, hôpital, centre médico-psychologique universitaire, etc.) ;
- tu as besoin d’une hospitalisation ou de soins intensifs ;
- tu recherches un accompagnement type coaching ou développement personnel sans diagnostic de trouble psychique.
Dans ces cas-là, tu peux être orienté vers un psychiatre, un centre médico-psychologique (CMP) ou un service hospitalier. C’est aussi un bon réflexe d’en parler à ton médecin traitant ou au service de santé universitaire de ton campus (souvent appelé SSU ou SIUMPPS).
Combien de séances de psy sont remboursées par la Sécurité sociale ?
Mon soutien psy te donne droit à jusqu’à 12 séances remboursées par an, dans le cadre d’un même parcours.
- 1 première séance d’évaluation (bilan, compréhension de ta situation, objectifs) ;
- jusqu’à 11 séances de suivi, en fonction de tes besoins et de ce que le psy estime pertinent.
Ces 12 séances sont par année civile et par personne. Si tu commences en octobre, tu peux par exemple faire quelques séances avant décembre, puis repartir sur un nouveau quota à partir de janvier, en accord avec ton psy.
Si, à la fin de ces 12 séances, tu as encore besoin d’un suivi, plusieurs options existent :
- poursuivre avec le même psy, mais hors dispositif (et donc hors remboursement sécu, sauf prise en charge éventuelle par ta mutuelle) ;
- être réorienté vers un suivi plus spécialisé (psychiatre, CMP, hôpital de jour, etc.) ;
- faire une pause, puis reprendre plus tard avec un nouveau parcours selon ton état.
Combien vas-tu payer concrètement pour un psy remboursé ?
La base, c’est que toutes les séances Mon soutien psy coûtent 50 €. Les psychologues partenaires n’ont pas le droit de faire de dépassement d’honoraires dans ce cadre.
Voici comment se répartit le remboursement :
| Séance Mon soutien psy | Tarif | Pris en charge par la sécu | Pris en charge par la mutuelle | Reste à charge |
|---|---|---|---|---|
| 1ère séance (bilan) | 50 € | 30 € (60 %) | 20 € (40 %) | 0 € si mutuelle compatible |
| Séances suivantes (suivi) | 50 € | 30 € (60 %) | 20 € (40 %) | 0 € si mutuelle compatible |
Dans la plupart des cas, si tu as une complémentaire santé même basique, tu es remboursé à 100 % et tu n’as rien à payer au final. Attention toutefois :
- Tu dois parfois avancer les frais (payer les 50 €) puis te faire rembourser ensuite par la sécu et la mutuelle.
- Si tu n’as pas de mutuelle, tu seras remboursé uniquement à 60 %, soit 30 € sur 50 €. Ton reste à charge sera donc de 20 € par séance.
Il existe aussi des situations où tu n’avances même pas l’argent grâce au tiers payant :
- si tu es bénéficiaire de la Complémentaire santé solidaire (CSS) ;
- si tes séances sont en lien avec une Affection de longue durée (ALD) reconnue ;
- à partir de ton 6e mois de grossesse (si c’est ton cas) ;
- en cas de soin lié à un accident du travail ou une maladie professionnelle.
Comment prendre rendez-vous avec un psy remboursé par la sécu ?
Tu as deux portes d’entrée possibles, et tu peux choisir celle qui te met le plus à l’aise.
1. Accès direct à un psychologue partenaire
Tu peux maintenant prendre rendez-vous directement avec un psychologue partenaire Mon soutien psy, sans passer par ton médecin.
- Tu vas sur le site de l’Assurance maladie (ameli.fr) dans la rubrique consacrée à Mon soutien psy.
- Tu consultes l’annuaire officiel des psychologues partenaires.
- Tu filtres par ville ou code postal, et tu regardes le profil des pros (présentation, spécialité, modalités de consultation).
- Tu appelles ou tu prends rendez-vous en ligne si le psy utilise une plateforme type Doctolib.
Lors de la première séance, le psy vérifie que ta situation rentre bien dans le dispositif. Si ce n’est pas le cas, il pourra te conseiller d’autres solutions (psychiatre, CMP, etc.).
2. Passer par un professionnel de santé
Tu peux aussi demander conseil à ton médecin traitant ou au médecin du service de santé universitaire. C’est parfois rassurant d’avoir leur avis.
- Le médecin écoute ta situation et confirme que tu relèves bien d’un trouble léger à modéré.
- Il peut te proposer une lettre d’orientation vers un psychologue partenaire, mais ce n’est plus obligatoire pour le remboursement.
- Il peut aussi te guider vers des alternatives gratuites ou vers un suivi plus spécialisé.
Si tu n’as pas de médecin traitant, c’est une bonne occasion d’en choisir un, surtout si tu dois aussi gérer des démarches comme la demande de bourse Crous ou un changement de ville pour tes études.
Comment bien choisir son psy remboursé ?
Un psy remboursé par la sécu ne vaut pas automatiquement pour toi. L’important, c’est la relation de confiance. Tu as le droit de chercher quelqu’un avec qui tu te sens vraiment à l’aise.

Quelques repères simples pour choisir :
- Regarde la présentation du psy sur l’annuaire : orientation (thérapie cognitive et comportementale, psychanalytique, intégrative…), publics suivis (ados, étudiants, adultes) ;
- Vérifie les modalités pratiques : présentiel, visio, délais pour un premier rendez-vous, horaires compatibles avec tes cours ;
- Pose-toi la question du feeling après 1 ou 2 séances : est-ce que tu te sens écouté, respecté, non jugé ?
La première séance sert aussi à ça : tu n’es pas obligé de continuer si ça ne colle pas. Changer de psy, ce n’est pas un échec, c’est normal et fréquent.
Quelle est la différence entre un psychologue et un psychologue clinicien ?
Tu verras parfois « psychologue clinicien » sur les profils, et c’est vite déroutant. La différence est moins compliquée qu’elle en a l’air.
En France, un psychologue est un professionnel qui a un Master 2 de psychologie (bac +5) reconnu et un numéro ADELI ou RPPS délivré par l’Agence régionale de santé. C’est une profession réglementée.
Un psychologue clinicien, c’est un psychologue qui a une spécialisation en psychologie clinique et psychopathologie. Il est formé spécifiquement à l’évaluation et au suivi thérapeutique des troubles psychiques. Concrètement, dans le cadre de Mon soutien psy, tu vas le plus souvent consulter un psychologue clinicien, mais l’important est surtout qu’il soit conventionné avec l’Assurance maladie.
Comment savoir si mon psy est “bon” pour moi ?
La vraie question n’est pas “est-ce que mon psy est le meilleur du monde ?”, mais “est-ce qu’il m’aide, moi, dans ma situation actuelle ?”.
- Tu te sens écouté : tu peux parler sans avoir peur d’être jugé, tu as l’impression qu’il ou elle comprend ce que tu vis.
- Tu vois une légère évolution après quelques séances : tu te connais mieux, tu gères un peu mieux ton stress, tu prends des petites décisions plus alignées.
- Le cadre est clair : durée des séances, fréquence, objectifs globaux, règles d’annulation… tout est expliqué.
- Tu peux dire ce qui te gêne : si une remarque t’a mis mal à l’aise, tu peux en parler et c’est pris au sérieux.
Si au bout de 3 ou 4 séances tu te sens toujours tendu, pas compris ou jugé, tu peux :
- en parler directement avec le psy pour voir si ça peut s’ajuster ;
- ou décider d’arrêter et de consulter un autre professionnel, toujours dans le dispositif Mon soutien psy si tu as encore des séances disponibles.
Quelles autres solutions pour consulter un psy gratuitement ou presque ?
Mon soutien psy est pratique, mais il ne couvre pas toutes les situations. Selon ta ville et ton statut, tu as d’autres options, parfois complètement gratuites.
Services de santé universitaires
La plupart des universités ont un service de santé pour les étudiants, avec des infirmier·es, des médecins et souvent des psychologues.
- Les consultations psy sont gratuites ou à coût symbolique.
- C’est réservé aux étudiants de l’établissement.
- Les délais peuvent être plus longs dans certaines villes.
Quand tu t’installes sur un campus (par exemple à Avignon, sur le campus Hannah Arendt), renseigne-toi rapidement sur le service de santé : tu seras content·e de savoir à qui t’adresser le jour où ça ne va pas.
Centres médico-psychologiques (CMP)
Les CMP sont des structures publiques de secteur psychiatrique. Les consultations y sont gratuites et ouvertes à tous, souvent sur rendez-vous.
En contrepartie :
- les délais d’attente peuvent être longs, surtout dans les grandes villes ;
- les suivis sont souvent orientés vers les troubles plus lourds, mais cela dépend des équipes et des départements.
Associations et dispositifs spécialisés
Selon ta situation, tu peux trouver des associations qui proposent :
- des écoutes téléphoniques anonymes ;
- des permanences psy gratuites ou à tarif libre ;
- des groupes de parole (par exemple pour les personnes LGBT+, les victimes de violences, etc.).
Pour repérer ces dispositifs, le site solidarites-sante.gouv.fr et la plateforme Santé Psy Étudiant (qui a coexisté avec Mon soutien psy et évolue régulièrement) sont de bons points de départ.
Comment trouver rapidement un psychologue partenaire près de chez toi ?
Quand ça ne va pas, tu n’as pas envie de passer 3 heures à fouiller le web. Voici un plan simple en 4 étapes.
- Va sur le site officiel de l’Assurance maladie (ameli.fr).
- Cherche la page dédiée au dispositif Mon soutien psy et ouvre l’annuaire des psychologues partenaires.
- Filtre par code postal ou ville, et éventuellement par modalités (en présentiel ou en téléconsultation).
- Note 3 ou 4 noms, regarde leurs profils (formation, public, approche), puis appelle celui ou celle qui semble te correspondre le plus.
Si tu es dans une petite ville ou en zone rurale, la téléconsultation peut te sauver la vie : c’est le même tarif, le même remboursement, et tu peux consulter depuis ton studio étudiant (tant que tu as une connexion correcte et un minimum d’intimité).
Impact sur ton budget étudiant : comment t’organiser ?
Même si tu es théoriquement remboursé à 100 %, tu peux devoir avancer 50 € à chaque séance. Sur un mois avec 4 séances, ça fait 200 €. Pour éviter que ça explose ton budget, organise-toi.

- Vérifie ta mutuelle : regarde si elle prend bien en charge les 40 % restants sur Mon soutien psy. Si tu ne comprends rien à leurs tableaux, n’hésite pas à les appeler.
- Planifie le rythme des séances : une séance tous les 15 jours, c’est parfois suffisant et plus gérable financièrement.
- Anticipe les remboursements : la sécu rembourse en général en quelques jours après réception de la feuille de soins ou de la télétransmission, la mutuelle suit ensuite. Tu peux caler tes séances juste après ta bourse ou ton salaire de job étudiant.
- Combine avec les aides existantes : si tu touches la APL étudiante ou la prime d’activité en stage, réserve une petite part de ton budget pour ta santé mentale, comme tu le ferais pour un abonnement de sport.
Investir dans ta santé mentale te rend souvent plus efficace dans tes études, tes projets et ton job. Ce n’est pas un luxe, c’est du vrai self-care.
FAQ sur le psy remboursé par la sécu
Est-ce que les consultations chez un psychologue sont remboursées ?
Oui, mais seulement dans certains cas. En cabinet libéral classique, un psychologue n’est généralement pas remboursé par la Sécurité sociale. En revanche, si tu consultes un psychologue partenaire du dispositif Mon soutien psy, tes séances sont remboursées sur la base de 50 € : 60 % par la sécu et, le plus souvent, 40 % par ta mutuelle. Cela te permet d’avoir jusqu’à 12 séances par an sans reste à charge si ta complémentaire santé suit.
Comment aller voir un psychologue gratuitement ?
Tu peux consulter un psy sans payer si tu passes par certaines structures : services de santé universitaires, centres médico-psychologiques, associations spécialisées ou si tu es bénéficiaire de la Complémentaire santé solidaire dans le cadre de Mon soutien psy. Dans ce dernier cas, tu bénéficies du tiers payant intégral : tu ne paies rien à l’avance et la consultation est réglée directement par la sécu et la complémentaire.
Comment savoir si un psy est remboursé par la sécu ?
Un psy n’est remboursé par la sécu que s’il est partenaire du dispositif Mon soutien psy. Pour vérifier, le plus simple est de passer par l’annuaire officiel de l’Assurance maladie sur ameli.fr. Tu peux aussi poser la question directement au professionnel lors de ta prise de rendez-vous : “Est-ce que vous êtes conventionné Mon soutien psy ? Est-ce que vos consultations sont bien remboursées par l’Assurance maladie ?”.
Est-ce que je peux cumuler Mon soutien psy et un suivi chez un autre psy ?
Le dispositif Mon soutien psy ne couvre pas les patients déjà suivis par un psy ou un psychiatre dans un autre cadre. Tu peux, en théorie, avoir un suivi parallèle en libéral, mais il ne sera pas remboursé par la sécu (sauf cas particulier en structure publique). Si tu ressens le besoin d’un suivi plus intensif, parles-en avec le psychologue Mon soutien psy : il pourra te réorienter vers des structures adaptées et t’aider à organiser la transition.
Quelle mutuelle rembourse le mieux les séances chez le psy ?
Sur Mon soutien psy, la plupart des mutuelles remboursent les 40 % restants, ce qui te permet une prise en charge à 100 % si tu es dans le dispositif. La vraie différence entre mutuelles se joue surtout sur les consultations hors dispositif : certaines offrent un forfait annuel pour les psychologues non conventionnés (par exemple 100 à 300 € par an). Si la santé mentale est une priorité pour toi, privilégie une mutuelle avec un bon forfait psy et pas seulement des remboursements optique/dentaire.
En résumé, un psy remboursé par la sécu, ce n’est plus une légende urbaine réservée aux autres. Si tu sens que tu as besoin d’aide, l’info à retenir c’est : 12 séances par an, 50 € la séance, 60 % sécu + 40 % mutuelle. Le plus dur, ce n’est pas la paperasse, c’est souvent de faire le premier pas. Alors si tu te reconnais dans ce que tu viens de lire, garde cette page ouverte, prends ton téléphone, et commence à chercher le professionnel qui t’aidera à traverser cette période.
